Hommage à Patrick Savary

Hommage à  Patrick Savary

 

Patrick, notre ami, notre frère d’armes, c’est au nom des Francas que j’interviens aujourd’hui.

Evoquer ta mémoire, ton parcours militant en quelques mots n’est pas chose aisée tant il a été dense et foisonnant.

Il s’est souvent confondu avec nos vies professionnelles et personnelles.

Le grand militant laïque que tu as été est indissociable de l’enseignant reconnu par ses pairs, au sein de l’Education Nationale que tu as intégrée en 1979, à l’âge de 17 ans, avec le statut d’élève-maître à l’École Normale de Pau.

Tu faisais partie de ces instituteurs qui, sitôt l’année scolaire terminée, sautaient dans leur voiture ou dans le premier train pour aller diriger une colo, un centre de loisirs ou encadrer un stage BAFA.

Tes premiers pas de directeur, tu les a faits à la colo PEP des Aldudes où tu repartais chaque été et dont tu nous parlais si souvent avec passion.

Au fil de tes affectations, tu as été nommé instituteur à l’école Henri IV, et où peu à peu tu t’es engagé avec les francas, tout en étant persuadé au début que l’on te regardait bizarrement parce que tu avais été formateur aux CEMEA et directeur chez les PEP. Tu nous répétais souvent « moi je n’ai pas le background » !

Pourtant tu t’es très vite fait une place parmi nous, malgré ou plutôt à cause de ton parcours éclectique au sein des organisations laïques de ce département.

Tu as souvent répondu présent pour encadrer des stages de formation d’animateurs où le pédagogue passionné que tu étais faisait merveille ainsi que tes talents de conteur et ta culture rock encyclopédique !

Instituteur spécialisé, devenu également maître-formateur, tu étais de tous les projets. Tu participais activement aux jeux de pistes littéraires que nous organisions chaque année et durant lesquels, tout en faisant lire tes élèves, tu pratiquais avec eux des activités en tout genre. Une année, tu avais fabriqué, avec les enfants, un dragon géant, recouvert d’une improbable peinture verte aussi malodorante que fluorescente, qui avait fait sensation une fois exposé au salon du livre.

Quand, à la fin des années 90, les Francas de Pau se sont constitués en association locale, tu en es devenu le premier trésorier et pendant de longues années, tu as tenu les comptes avec une grande rigueur, durant les années fastes comme durant les années de disette.

Tu savais pousser des coups de gueule légendaires et souvent salutaires dans une association peuplée de pédago-saltimbanques, traditionnellement allergiques aux procédures administratives et financières que tu tentais de mettre en place.

Dans les périodes de gros temps, tu étais là quand il fallait défendre notre projet et nos budgets face aux décideurs et aux institutions pas toujours biens disposés à notre égard.

Certes tu avais pris du recul ces dernières années, préférant te consacrer pleinement à d’autres engagements humanistes mais tu demandais souvent des nouvelles de l’association où tu avais tant donné.

Patrick, avec ton départ aussi brutal qu’inattendu, tu nous laisses un peu sonnés et désorientés. Nous ne t’entendrons plus à la fin des bouffes que nous faisions ensemble, nous raconter des histoires de Manech ou des anecdotes inédites sur les Clash ou le Velvet Underground.

Ton souvenir nous restera, celui d’un collègue, d’un homme engagé, d’un ami, une sorte de hussard noir passionné de rock’n roll.

Au revoir camarade.

Tu nous manques déjà.

P. Segura, le 27/05/2021



Le mot du Président
    N’ayant pas encore réussi à atteindre le monde d’après comme nous l’espérions en mai dernier, nos retrouvailles, cette année, sont à nouveau compromises et le bulletin 2021 sera à nouveau virtuel.

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